Sur le volcan : on ressort les blousons

Publié le par Tite zoreille

Des champs semés de vaches laitières. Une fromagerie. Un restaurant de spécialités montagnardes. Des maisons aux allures de chalets. Et une brume insidieuse qui tombe d'un coup sans prévenir. Bienvenue dans le Jura ? Et non ! Nous sommes dans la Plaine des Cafres, au pied du Piton de la Fournaise. C'est ici que les randonneurs se ravitaillent avant l'ascension du volcan. On y accède par une route sinueuse suivie d'une piste poussiéreuse. Un panneau indique "Pas de Bellecombe, 2311 mètres". Terminus. La voiture restera là. Seuls les bipèdes pénètrent le royaume lunaire du dieu du feu. Les 6 degrés ambiants feraient presque oublier que les coups de soleil sont ici assassins. Crème solaire, lunettes, chapeaux, manteaux, en route pour l'enclos !

Au bout de la piste, le Pas de Bellecombe, départ de la marche sur le volcan.

Au bout de la piste, le Pas de Bellecombe, départ de la marche sur le volcan.

À admirer ce désert de lave pétrifié, on imagine mal le volcan en éruption. Et pourtant, le monstre, qui ne sommeil que d'un œil, fait l'objet d'une vigilance de chaque instant. Répertorié parmi les plus actifs de la planète, il gratifie régulièrement La Réunion de ses généreuses effusions. Coulée de 1977, 2001, 2004, 2007 (cette dernière est encore interdite aux marcheurs, sous peine d'y laisser la semelle de ses chaussures... et plus si affinité)... Chaque nouvelle éruption étend un peu plus les contours du Grand Brûlé, cette balafre de basalte inhabitée au sud-est de l'île.

On va marcher sur la lune.

On va marcher sur la lune.

En attendant le prochain feu d'artifice, la Fournaise qui, avec le Piton des Neiges tout proche, a donné naissance à l'île, fait l'objet d'un véritable culte. Les randonneurs s'y pressent, avec un air recueilli. Chacun y va de son récit d'éruption. Ceux qui n'en ont pas vues en rêvent. Chacun frémit en imaginant, sous ses pieds, des torrents de lave incandescente.

Le Grand Brulé : la coulée de 2004.

Le Grand Brulé : la coulée de 2004.

Il faut 4 à 5 h pour rallier le cratère du Piton de la Fournaise. Bébé oblige, nous nous contenterons d'une petite marche "tranquille" (si l'on occulte les 400 marches du retour) jusqu'au Formica Leo, un ancien petit cratère dont la forme en entonnoir évoque le piège des fourmis lions, auxquelles il doit son nom. Nous repartirons juste avant la brume, avec l'impression d'avoir marché sur la lune.

Le Formica Leo, grain de beauté de l'enclos du volcan.

Le Formica Leo, grain de beauté de l'enclos du volcan.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article