C'est dengue !

Publié le par Tite zoreille

Mercredi 29 avril. Jour de canicule ordinaire sur l'île de La Réunion. Après un interminable été austral, la végétation n'en finit pas d'exploser, les bestioles prolifèrent. Cafards sous les placards, margouillats au plafond, petits scolopendres au pied des escaliers, babouk géante sur ma voiture, moustiques à profusion. Dans sa débauche de générosité à pattes et à poils, la nature s'épuise. Et les zoreilles, à l'agonie, attendent des jours plus cléments. Winter is coming.

Ce matin, de drôles de bêtes ont envahi les espaces verts. Des cosmonautes, armés de pulvérisateurs, inspectent les bosquets, les recoins, les herbes hautes. Que se passe-t-il ? "On suspecte un cas de dengue dans votre quartier", me précise un employé de l'Agence de Santé de la Réunion. Polo siglé "Prophylaxie" et flyers à la main. Dans mon quartier ? Dans le bâtiment voisin, précisément. Le seul cas de dengue de Saint-Denis, et c'est chez moi que ça se passe ?!

C'est dengue !

En attendant les résultats sanguins du dit voisin (qui doit passer un sale moment, version grippe améliorée), l'ARS a décidé de traiter tout le quartier. Au menu : pulvérisation manuelle d'un insecticide de contact. Puis, dans la nuit de dimanche à lundi, et dans celle de mercredi à jeudi, projection automatique, via un véhicule spécial équipé de pulvérisateurs rotatifs qui crachent du produit à 30 mètre de haut... sur les façades de nos logements. Autant dire qu'il faut bien penser à rentrer le linge, les assiettes, et Minette.

Certains relativisent : "Oui, mais la dengue, il l'a peut-être attrapée ailleurs !". Certes. N'empêche : tous les moustiques qui piquent une personne atteinte sont désormais porteurs du virus, qui sera ensuite réinjecté dans d'autres épidermes au fur et à mesure des nouvelles piqures. Selon la fameuse maxime du partage : "passe à ton voisin". Mais pourquoi s'inquiéter ? C'est pas comme si je me faisais piquer à longueur de journée par tous les moustiques de l'île...

Selon les lois de la croissance exponentielle, il suffit d'un malade et d'une poignée de moustiques pour contaminer tout un quartier, une ville, une île (et bientôt le sud de la France, paraît-il, où les moustiques tigres semblent avoir trouvé asile). Les Dom ont déjà fait les frais plusieurs fois de la dengue ou du "chick". D'où les mesures préventives mises en place rapidement.

Quelqu'un a vu le film de Soderbergh appelé "Contagion"?

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