Il pleut des mangues

Publié le par Tite zoreille

Alors qu'ailleurs on s'apprête à déguster des panais et des topinambours, ici, c'est la saison des mangues et des letchis. Les fruits de l'été (austral) sont attendus comme le messie (ça tombe bien, c'est Noël. Vous suivez ?). Tandis que les flamboyants illuminent le paysage de leur parure sanguine, les pieds de letchis rosissent, d'un coup. Les manguiers pleurent des fruits lourds, qui s'écrasent au sol (ou sur les voitures). Des vendeurs apparaissent à tous les coins de rue. Et partout, on se régale.

De gauche à droite : mangue José, mangue carotte, mangue américaine, mangue de Thaïlande.

De gauche à droite : mangue José, mangue carotte, mangue américaine, mangue de Thaïlande.

Indienne à l'origine, la mangue s'est répandue semble-t-il avec l'expansion du bouddhisme, avant de conquérir tous les pays tropicaux et subtropicaux où elle se décline aujourd'hui en différentes espèces (plus de 1000, paraît-il). À La Réunion, on en compte plusieurs variétés. La mangue péi, c'est la José (ou "mangue greffe"). De forme plutôt ronde, elle est sucrée, sa chair est tendre et son goût délicat. Si vous interrogez un Créole, il y a de fortes chances qu'il vous dise que c'est sa mangue préférée. La mangue carotte, peu allongée, se consomme verte en rougail ou avec du piment, ou à maturité, malgré une chair un peu fibreuse. On trouve également sur les marchés des cousines importées : venue de Floride, la mangue américaine, plus volumineuse, affiche de jolies nuances roses orangées et une chair juteuse. La mangue de Thaïlande, toute en longueur, est l'une des dernières débarquées. Elle est sucrée, avec une légère amertume près de la peau. À côté de ses quatre belles, qui se taillent le gros du marché, on trouve d'autres spécimens, que seuls les connaisseurs peuvent identifier, ainsi que des mangues sauvages.

On savoure les mangues telles quelles, en traçant un quadrillage dans le fruit avant de retourner la peau, ou en les accommodant en achards, confitures et pâtisseries. Pour Noël, par exemple, nous avons dégusté une succulente bûche "Madame José", lingot de mangue enveloppé de chocolat. Je ne vous dis que ça.

Mieux que des fruits, des friandises de Noël.

Mieux que des fruits, des friandises de Noël.

Les letchis (orthographiés litchis en métropole et ailleurs) sont à l'origine des fruits chinois importés par Pierre Poivre en 1764 sur l'île Bourbon. Deux siècle et demi après, on trouve des pieds de letchis partout. Les fruits sont roses vifs, charnus, juteux, sucrés. Enivrants. On les achète en branches, ou on les déguste directement sur l'arbre. Certains gourmands pressés sèment d'ailleurs des noyaux partout sur les routes et sur les trottoirs. Une fois qu'on y a goûté, on ne peut pas s'empêcher d'en manger. Rien à voir avec les baies rabougries, acides et maronnasses qu'on trouve parfois en métropole. Le letchi, qui égaye les tables en décembre et janvier, se décline en gâteaux, confitures, yaourts, jus de fruits, sodas, chocolats, et même en foie gras.
Si vous voulez y goûter, une célèbre marque de colis de produits réunionnais propose des envois en métropole. Mais, pour cela, il faut se dépêcher ;)

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