La canne est haute...

Publié le par Tite zoreille

La canne est haute...

... il était temps de la couper !
C'est en cours, car la campagne sucrière vient de commencer, avec les fraîcheurs hivernales. Jusqu'en décembre, elle occupera les 3500 planteurs de l'île. Dans les champs, les hommes s'activent, sabres en main. Sur les routes, c'est le ballet des charrettes chargées à bloc et des cachalots*, ces immenses camions transportant les cannes jusqu'aux usines sucrières. Là, elles sont transformées en sucre et en rhum pour finir, dans les deux cas, dans vos gosiers.
Avec ses 24 500 hectares de plantations, la canne dessine une vaste couronne végétale qui ceinture l'île. Gourmande en place, elle occupe la quasi totalité des terres cultivables de La Réunion, ne ménageant de minuscules trouées que pour quelques ananas et bananiers. Et comme elle ne se mange pas (non, le rhum ne nourrit pas son homme), elle rend, évidemment, La Réunion terriblement dépendante des importations alimentaires. Et la filière canne terriblement dépendante des subventions.
Mauvais choix économique, direz-vous ? Choix relativement inextricable, en tout cas. Ce monopole, amorcé au XVIIIe siècle, s'explique notamment par la solidité de la plante, plus résistante aux cyclones que le café. Aujourd'hui, on parle quand même de plus de 18 000 emplois directs et indirects, pour une production annuelle d'environ 200 000 tonnes de sucre blanc et de 52 000 hectolitres d'alcool pur de rhum (dont une bonne partie est consommée localement...) Les déchets de la canne sont par ailleurs valorisés sous forme de compost et de production d'électricité. Enfin, il faut dire que cet océan verdoyant, ondulant joliment aux vents, fait désormais partie de la carte d'identité touristique du territoire.
Bref, on n'a pas fini de se sucrer sur l'île de la Réunion.

La canne est haute...

* pour l'anecdote, le nom de "cachalots", donné à ces mastodontes des routes, proviendrait en réalité d'une association malencontreuse dans la presse entre deux articles parus le même jour : l'un annonçant l'échouage de cétacés, l'autre le renversement d'un camion sucrier. Légende ou réalité ? Même Radio Freedom n'en sait rien...

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